Leonardo Padura

Leonardo Padura

Photos © Philippe-Matsas et © Ivan Gimenez

Leonardo Padura est le parrain de cette 11ème édition du Festival Toulouse Polars du Sud.

Né en 1955 à La Havane, il a fait ses études au lycée de La Vibora, lieu essentiel dans son œuvre. Après des études consacrées à la littérature latino-américaine, il travaille dans un premier temps comme journaliste, avant d’écrire des essais et des scénarii.

En 1991 avec Pasado perfecto (Passé parfait, 2000), il crée le personnage de Mario Conde, flic à La Havane, dans ce qui est censé être une quadrilogie des quatre saisons à la Havane . Au terme de la quatrième saison, et du quatrième volume publié en 1998, Paisaje de otoño (Paysage d’automne, 1999) Mario Conde démissionne de la police et gagne sa vie en faisant le commerce de livres anciens. Il sera consulté lors des enquêtes suivantes par son ancien adjoint quand la police se heurte à des mystères ayant des liens avec la littérature, comme la découverte d’un cadavre dans l’ancienne maison d’Hemingway dans Adios Hemingway en 2001 (Adios Hemingway, 2004).

Mario Conde, ses amis de la Vibora qu’il voit très régulièrement, son amour de lycée avec qui il va finir par vivre, son ancien chef dans la police et son ancien adjoint, forment une tribu dont les lecteurs attendent impatiemment des nouvelles.

Si les enquêtes de Conde s’intéressent souvent au passé de La Havane, trois romans sont de véritables polars historiques : Le palmier et l’étoile (La novela de mi vida, 2002) autour du poète José Maria Heredia, L’homme qui aimait les chiens (El hombre que amaba a los perros, 2009), qui culmine avec l’assassinat de Troski, et Hérétiques (Herejes, 2013) où l’on retrouve Mario Conde, mais également l’histoire de Rembrandt, et celle du Saint Louis, bateau refoulé de La Havane en 1939 et renvoyé en Europe avec ses passagers juifs qui fuyaient l’Allemagne nazie.

Côté scénarii, il a écrit celui de Retour à Ithaque réalisé par Laurent Cantet, et une minisérie adaptée des quatre saisons de Mario Conde est diffusée par Netflix avec Jorge Perugorria (Fresa y Chocolate) dans le rôle de Conde.

Faire la liste des prix de Leonardo Padura serait fastidieux. Deux prix Hammett pour Paisaje de otoño et La neblina del ayer, et le très prestigieux prix Princesa de Asturias des lettres, qui récompense son œuvre, et où il côtoie des auteurs comme Juan Rulfo, Mario Vargas Llosa, Alvaro Mutis, Gunter Grass, Leonard Coen ou Amin Maalouf.

Dire que c’est un plaisir et un honneur de l’avoir pour parrain cette année est un doux euphémisme.

Bibliographie française

Série Mario Conde

  • Passé parfait (Pasado perfecto) Métailié (2000)
  • Vent de carême (Vientos de cuaresma) Métailié (2006)
  • Electre à La Havane (Mascaras) Métailié (1998)
  • L’automne à Cuba (Paisaje de otoño) Métailié (1999)
  • Mort d’un chinois à La Havane (La cola de la serpiente) Métailié (2001)
  • Adios Hemingway (Adios Hemoingway) Métailié (2004)
  • Les brumes du passé (La neblina del ayer) Métailié (2006)
  • Hérétiques (Herejes) Métailié (2013)
  • La transparence du temps (La transparencia del tiempo) Métailié (2019)

Autres romans

  • Le palmier et l’étoile (La novela de mi vida) Métailié (2003)
  • L’homme qui aimait les chiens (El hombre que amaba a los perros) Métailié (2011)

Recueil de nouvelles

  • Ce qui désirait arriver (Aquello estaba deseando ocurrir) Métailié (2016)

Revue de presse:

A propos de L’homme qui aimait les chiens :

« Leonardo Padura sait raconter des histoires policières aux arrière-plans bien plus profonds que le simple déroulement des événements. Dans ses romans antérieurs, les péripéties traversées par le lieutenant cubain Mario Conde ont témoigné du regard toujours affûté de l’écrivain sur la réalité sociale et politique de son pays, Cuba. Il vit ici avec ses personnages, scrute leurs doutes et leurs certitudes. Et même s’il connaît l’issue de l’affaire, le lecteur est entraîné dans une incroyable histoire où trahisons, mensonges, dénonciations et faux-semblants font sans cesse rebondir un récit haletant. Quant à l’homme qui ­aimait les chiens qui donne son titre au ­roman, silhouette mystérieuse qui promène ses lévriers russes sur les plages de La Havane, il serait indélicat de dévoiler ici son identité. Il faut laisser au lecteur le soin de découvrir toutes les nuances de rouge qui teintent ce superbe livre.»

Télérama.

A propos de La transparence du temps :

« Un voyage éblouissant dans le temps et dans l’histoire porté par un grand roman plein d’humour noir et de mélancolie

France Culture

« Entre les nuits poisseuses et les matins mélancoliques, l’indispensable dose de caféine et celle, plus sournoise, de mauvais rhum, Mario Conde mène l’enquête en fin limier, marche beaucoup, prend les taxis collectifs et veille à mériter l’amour que lui portent ses amis. Portant sur ses épaules ce superbe roman néopolar et pleinement littéraire. »

Télérama